C'est souvent au décours d'une rhinopharyngite qu'apparaissent :
Chez le grand enfant : une douleur dans une oreille (otalgie unilatérale) avec une baisse de l'audition (hypoacousie) du côté douloureux et fièvre ;
Chez le nourrisson : des signes digestifs ou généraux : refus du biberon, diarrhée, vomissements, fièvre, stagnation pondérale, teint grisâtre, pleurs inexpliqués, troubles du sommeil, etc...Chez le nourrisson, les signes d'appels sont très divers et il ne faut pas attendre qu'il porte la main à son oreille ! Les cris, l'agitation et les pleurs ne sont retrouvés que dans 7,5% des cas... C'est la raison pour laquelle l'examen des tympans fait partie de la routine du médecin consulté pour un nourrisson malade.
L'examen clinique objective parfois une douleur à la pression derrière l'oreille due à l'inflammation de la muqueuse des cellules mastoïdiennes sans qu'il y ait pour autant de "mastoïdite" qui correspond à une ostéite. Parfois, c'est devant une déshydratation aiguë, que le médecin a la surprise de découvrir une otite.
L'otoscopie permet de différencier trois aspects :
L'otite congestive :
La membrane du tympan, encore transparente, est rosée ou rouge. Les reliefs sont congestifs mais visibles. Le triangle lumineux a disparu. Le tympan congestif est très douloureux .
Comment savoir s'il s'agit d'une simple réaction inflammatoire ou d'un début d'otite purulente ? C'est souvent très difficile et le pédiatre ou l'ORL doivent apprécier la diminution de la transparence de la membrane tympanique qui s'épaissit et la diminution du relief de l'apophyse externe. C'est dire que tout examen des oreilles doit être comparatif et bilatéral.
L'otite exsudative
Le tympan est épais, opaque, congestif ou grisâtre. Les reliefs sont peu visibles.
L'otite suppurée
Le tympan est bombé. La douleur est permanente, insomniante, lancinante, intense et pulsatile, irradiant vers la tempe et l'occiput. Le bombement du tympan commence dans le quadrant postéro-supérieur qui va donc se mettre à surplomber le manche du marteau, faisant disparaître le relief de celui-ci. Par ailleurs, la membrane tympanique, sous l'effet de la pression de la collection purulente devient blanche. Au stade de pré-perforation, le tympan est bombant dans son ensemble et de couleur jaunâtre.
L'otite aiguë avec l'oreille qui coule (otorrhée)
C'est le stade de l'otite spontanément perforée avec perte de substance de la membrane tympanique laissant passer un écoulement de pus dans le conduit auditif externe.
L'otorrhée spontanée révèle parfois l'otite chez un nourrisson jusque là pas trop malade.
Le pus sous pression s'évacue à travers cette "paracentèse spontanée".
Bien souvent, la taille de l'orifice par éclatement du tympan sous pression est insuffisant pour drainer toutes les sécrétions. De plus, son siège sur le tympan ne permet pas toujours une bonne vidange et une bonne cicatrisation.
Les complications
Les complications aiguës sont rares avec un traitement adapté. L'évolution favorable sous un traitement correct se traduit par une disparition très rapide de la fièvre et des signes digestifs éventuels. L'otalgie disparaît très vite et le tympan retrouve un aspect presque normal en 3 à 4 jours et normal en 7 à 10 jours.
Les complications possibles sont :
La paralysie faciale : il faut y penser devant une asymétrie des traits de la face, notamment lorsque l'enfant pleure, sourit ou fait la moue. Du côté paralysé, la fente des paupières est élargie, le sillon nasogénien est effacé, la commissure labiale est abaissée alors que du côté non paralysé, la bouche est attirée en haut et en dehors. Cette paralysie disparaît avec la guérison de l'otite ;
La méningite purulente : c'est une complication toujours redoutée par le pédiatre au cours des otites purulentes de l'enfant. Les méningites à pneumocoques peuvent s'observer à tout âge. Les méningites à haemophilus influenzae (bacille de Pfeiffer) s'observent surtout chez le nourrisson et le petit enfant de moins de 4 ans. Depuis 1992, le vaccin contre l'haemophilus est proposé en France à tous les nourrissons (Pentacoq, Pentavac etc) ;
La labyrinthite : elle se manifeste par des vertiges, des vomissements, un nystagmus, une surdité.